Réseau Prévention Main / Coordonner les professionnels...accompagner les patients

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Le contexte de notre création

Le contexte de notre création :

Les urgences mains sont un des enjeux majeurs de Santé Publique par leur fréquence leur retentissement fonctionnel et leur coût aussi bien pour les patients que pour la collectivité.

Le coût des accidents de la main pour la collectivité est loin d’être négligeable puisqu’on évalue à 1636 euros le coût moyen d’un accident entraînant un arrêt de travail. Sur cette somme, 80% sont consacrés aux indemnités journalières alors que les 20% restants concernent l’hospitalisation et les soins. Le coût moyen d’une reprise après un traitement initial inadapté est estimé à 15 000 euros.

Actuellement, les traumatisés de la main sont accueillis dans les centres d’urgences accrédités par les agences régionales d’hospitalisation (UPATOU, POSU et SAU). Les traumatismes nécessitant une prise en charge spécialisée doivent être orientés vers les centres accrédités par la Fédération Européenne des Services d’Urgences Mains (FESUM).

L’homologation des centres à l’intérieur de cette fédération repose sur des critères de qualification des chirurgiens et de disponibilité des équipes. Les centres agréés comportent au minimum 3 chirurgiens spécialisés diplômés en microchirurgie disponibles 24 heures/24. Ces centres sont une nécessité car le traitement des traumatismes de la main fait appel à des compétences très particulières liées à la connaissance globale d’un organe anatomiquement complexe et multi-tissulaire, à la maîtrise de certains actes techniques, et à la performance d’une équipe capable d’assurer les suites opératoires à court et long terme.

En Ile de France, les centres FESUM sont :

 

  • Clinique de l'Yvette, Longjumeau (91)
  • L'hopital Claude Galien Quincy sous Sénart (91)
  • L'Hôpital Saint Antoine, Paris (12e)
  • L'Hopital Robert Debré, Paris (19e) pour les enfants
  • L'Hôpital Européen Georges Pompidou, Paris (15e)
  • L'Institut Français de Chirurgie de la main, Paris (16e)
  • L'Hôpital Privé de l'Ouest Parisien, Trappes (78)
  • Le Centre hospitalier privé Montgardé, Aubergenville (78)
  • La Clinique de la Montagne, Courbevoie (92)
  • La clinique Floréal, Bagnolet (93)
  • La clinique du Vert Galand, Tremblay en France (93)
  • La clinique du Conti, L'isle Adam (95)


Malgré les efforts d’organisation effectués jusqu’à présent, la situation est loin d’être parfaite sur plusieurs points :

  • Le tri des patients en urgence

On estime actuellement que 10% seulement des urgences mains sont traitées dans des services spécialisés en France.
Les causes de cette insuffisance sont multiples : défaut d’information du public qui ne sait pas où s’adresser, manque de formation des médecins des services d’urgence dans ce domaine très spécialisé ou encore surcharge de travail dans certains centres.

Néanmoins, tous les traumatismes de la main ne nécessitent pas une prise en charge dans un centre spécialisé. Certains peuvent être traités dans des services d’urgence, ou dans un bloc opératoire non spécialisé.
Le tri initial et l’orientation vers la structure la plus adaptée dépendent de la compétence du premier médecin appelé à examiner le blessé.
Une orientation judicieuse repose sur des critères précis et sur un bon diagnostic d’emblée.

Seule une bonne orientation permettra d’une part de ne pas engorger inutilement les SOS Mains et d’autre part, de ne pas négliger des lésions graves sources de séquelles.
Il faut éviter de déplacer les patients qui pourraient être traités sur place, mais il faut surtout éviter de priver un blessé de l’accès à un centre spécialisé si sa lésion le justifie.

Dans certains cas, le choix est évident, parce qu’il s’agit d’amputations complètes ou de traumatismes délabrants pluritissulaires. Mais certains traumatismes, également très graves bien que moins spectaculaires et qui nécessitent également une prise en charge en centre spécialisé, sont parfois méconnus (injections sous pression, brûlures électriques, ring finger, dévascularisations partielles).
En pratique les erreurs d’orientation les plus fréquentes concernent les traumatismes sans gravité apparente. En effet, il est très difficile devant une plaie de la main d’être certain de l’absence de lésion profonde. L’examen clinique peut être tout à fait normal malgré l’existence d’une lésion grave (en cas d’ouverture articulaire ou de plaie tendineuse partielle par exemple).
Dans ces cas, qui sont très fréquents, le diagnostic et le traitement reposent sur la qualité de l’exploration de la plaie.

L’exploration est un acte qui n’est pas sans risque, qui nécessite une compétence et un environnement chirurgical (anesthésie, éclairage et exsanguination du champ opératoire). Toutes les réparations des nerfs, des vaisseaux et des tendons fléchisseurs, les pertes de substance cutanées et certaines réparations des tendons extenseurs doivent être réalisées dans des centres SOS Mains FESUM. Les traumatismes fermés peuvent être adressés secondairement pour un avis spécialisé après quelques jours.

  • Les soins secondaires

Les soins infirmiers et la rééducation de la main répondent à des impératifs très précis. Une méconnaissance ou une mauvaise application des procédures aboutit souvent à des complications (raideur, lâchage de suture, etc.).

  • Les dysfonctionnements dans la prise en charge socio-professionnelle

En cas de séquelles, la solution la plus facile consiste en effet trop souvent à prolonger l’arrêt de travail sans anticiper la période de consolidation. Le défaut d’information, le retard de mise en route des procédures de maintien dans l’emploi ou de reclassement, aboutissent à des situations parfois catastrophiques pouvant conduire à une marginalisation durable des patients.

Les exemples de dysfonctionnements dans la prise en charge sont innombrables et touchent toutes les professions sans discrimination. Bien que ces dysfonctionnement se retrouvent dans tous les types de pathologies, leur incidence sur les personnes traumatisées de la main est bien souvent catastrophique. En effet, bon nombre d’accidentés sont des hommes manuels en age de travailler, leur main est pour la plupart leur outil de travail principal et la perte même minime de leur capacité physique signifie souvent la remis en cause d’une situation professionnelle.

 


Fort de ce constat des professionnels (chirurgien, urgentiste, médecin du travail, médecin du sport, kinésithérapeute, cadre infirmier…) ont décidé de créer une structure qui serait en mesure de cibler ces problèmes et de donner aux professionnels et aux patients les moyens d’y faire face.

Le Réseau Prévention Main est donc né en 2003 dans l’Est Parisien sous forme d’une association loi 1901. Son objectif est d’améliorer la prise en charge des traumatisés de la main et du membre supérieur de façon à diminuer les séquelles et leurs conséquences socioprofessionnelles. Son fonctionnement est assuré par une dotation du FAQSV (Fond d’Aide à la Qualité des Soins de Ville – URCAM-URML).

Un réseau similiaire s'est créé sur l'Ouest parisien afin de couvrir progressivement l'ensemble de l'Ile de France.

En 2007, le Réseau Prévention Main Ile de France est né de la fusion des deux associations, il est à ce jour financé par la DRDR (URCAM-MRS).


Réseau Prévention Main Ile-de-France
6 Rue Serret 75015 Paris